Le patrimoine culturel immatériel constitue un enjeu majeur pour la transmission et la préservation des savoir-faire. Dans ce cadre, le ministère de la Culture a organisé, à l’occasion du Salon international du patrimoine culturel à Paris, une table ronde dédiée à la reconnaissance et à la revitalisation des pratiques liées au patrimoine bâti.

Une rencontre entre experts et praticiens

Animée par Christian Hottin, chargé de mission pour le patrimoine culturel immatériel (PCI) au ministère de la Culture, la rencontre a réuni des acteurs issus de différents horizons. Elle a offert un espace d’échanges approfondis sur les pratiques et la transmission des savoir-faire traditionnels :

Joseph Brihiez, charpentier-menuisier et doctorant en éco-anthropologie, spécialiste des charpentes en bois vert, notamment celles de Notre-Dame de Paris. Il a souligné l’importance de la formation pratique pour appréhender pleinement les gestes techniques et les particularités de cette technique. 

Charlotte Duplessis, maître d’art-ornemaniste et co-gérante de l’atelier Loire Ornements, a insisté sur la nécessité faire découvrir ces métiers aux jeunes et de susciter des vocations.

Aymone Nicolas, formatrice et présidente de la Confédération de la terre crue, a insisté sur la richesse et la diversité de la construction en terre crue, bien au-delà du simple pisé. Sa démarche vise à faire reconnaître l’ensemble des techniques, à diffuser leur connaissance et à encourager leur pratique dans toute leur diversité.

Sophie Wessbecher - responsable de la gestion des collections de la Fondation de l'Œuvre Notre-Dame
Sophie Wessbecher – responsable de la gestion des collections de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame

Sophie Wessbecher, responsable de la gestion des collections à la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, invitée pour l’exemplarité de l’institution dans la démarche d’inscription au PCI national puis à l’UNESCO. Sophie a présenté le parcours de l’institution, engagé dès 2015 pour l’inscription au patrimoine culturel immatériel français : de la constitution d’une communauté à l’inventaire des éléments à classer, avec pour particularité l’attachement spécifique de l’institution à la cathédrale de Strasbourg. La Déclaration d’Erfurt de 2017 a ouvert la voie à l’inscription internationale à l’UNESCO. Les autres ateliers de cathédrales ont alors poursuivi leurs inscriptions sur leur territoire, étape préalable à une démarche commune.

Les enjeux de la revitalisation

Les échanges ont mis en lumière les défis majeurs de la revitalisation : la fragilité des métiers traditionnels, la nécessité d’adapter les pratiques aux contextes contemporains, et le risque que certaines pratiques se fossilisent ou se transforment en folklore. Les intervenants ont rappelé que le patrimoine immatériel ne survit que si les gestes sont pratiqués et transmis, et que chaque apprentissage est une manière de prolonger l’histoire vivante de ces métiers.

Cette table ronde illustre combien il est crucial de promouvoir le patrimoine culturel immatériel et de soutenir ceux qui le font vivre. Pour la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, elle représente une reconnaissance précieuse et une occasion de valoriser un engagement de longue date en faveur de la transmission des savoir-faire.

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