Fondation de l’Œuvre Notre-Dame

Sur le chantier

Rejointoiement, chantier de la galerie naine
Les échafaudages se succèdent au fil des siècles, depuis la pose des premières pierres de la cathédrale jusqu'aux chantiers actuels. En contact direct avec l'édifice, les artisans concrétisent sur le chantier les travaux des ateliers. C'est ainsi que l'héritage des bâtisseurs se perpétue.

Approcher l'édifice

Un chantier débute réellement avec la mise en place de l'échafaudage. Il permet l'accès et la sécurisation des zones de l'édifice à conserver-restaurer pour les études et pour la mise en œuvre des travaux. Les chantiers de la cathédrale s'étalent sur plusieurs années, aussi l'installation doit être faite pour durer.

Équiper le chantier

Selon les hauteurs à atteindre, il est souvent nécessaire d'installer un monte-charge, ainsi que des engins de levage, comme les treuils et les palans. Ces installations assurent l'accessibilité du personnel et du matériel.

Les artisans ont besoin de multiples ressources pour travailler. Cela implique d'installer différents équipements pour alimenter le chantier en eau, électricité et air comprimé. Il s'agit également de prévoir l'évacuation des gravats et des déchets générés par les travaux. C'est une part importante du travail d'échafaudage.

La sécurité des artisans et de l'Œuvre

Les organes de sécurité sont essentiels : les garde-corps, les filets et les plinthes participent notamment à la prévention des chutes et empêchent les outils ou les gravats de tomber au bas de l'édifice, dont les alentours sont fréquentés en permanence.

Mise en œuvre

Le chantier installé, le travail de conservation et restauration peut commencer.

Compléter l'étude

Le bureau d'études a maintenant un accès direct aux parties concernées de l'édifice. Le contexte de l'intervention se précise et il peut procéder aux relevés et à la documentation (cartographique, photographique et descriptive) du chantier.

Le cas échéant, les sculpteurs procèdent à l'estampage des éléments d'ornementation ou des sculptures menacées de dégradation. Les moulages ainsi réalisés rejoindront la gypsothèque pour de futures copies conformes.

 

Les travaux commencent

 

L'équipe de maçons œuvre le plus souvent à l'entretien et à la maintenance de la cathédrale, plus ponctuellement sur le patrimoine bâti de la Fondation. Toutefois lorsque les grandes opérations de conservation-restauration commencent, ils intègrent l'équipe du chantier.

Le cadre des travaux est établi. Les maçons et les tailleurs de pierre sont à pied d'œuvre et débutent par la dépose des éléments à remplacer. Les pierres déposées présentant un fort intérêt archéologique, historique ou technique rejoignent le parc lapidaire de la Fondation, voire parfois le musée de l'Œuvre Notre-Dame.

 

Lorsque la dépose est impossible, les artisans procèdent à la refouille. Il s'agit de réduire la pierre en gravats, travail qui demande méthode et précision pour ne pas impacter les pierres voisines.

La méthode est également appliquée pour la mise en œuvre de certains empiècements, où seule une petite partie de l'élément est trop altérée pour être conservée. Les empiècements consistent à greffer des bouchons de pierre neuve ou à restituer une partie manquante d'un détail de décor par exemple.

Soigner les pierres

Parallèlement aux opérations de restauration, les artisans procèdent également à la conservation des grès, des mortiers, des polychromies, des fers et des bois altérés qui ne sont pas restaurés. Le choix du traitement en conservation est déterminé au cas par cas et selon plusieurs critères, dont :

  • la valeur et l'intérêt archéologique et historique au sein de l'ouvrage (élément d'origine, aspect de taille, marque lapidaire, couche polychrome, etc.)
  • l'état sanitaire stable ou qui peut être stabilisé afin d'assurer la viabilité du support et du traitement
  • les fonctions mécaniques, architecturales et décoratives doivent être assurées.

 

Selon les pathologies de la pierre, il existe une grande variété d'interventions possibles. Les protocoles sont élaborés par les artisans et validés par le Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques et l'Architecte en Chef des Monuments Historiques.

Les techniques de pose

Après la refouille, les maçons et les tailleurs de pierres procèdent à la pose. Cette opération consiste à mettre en place les pierres taillées en atelier. Des éléments pesant parfois près d'une tonne sont ainsi réglés au millimètre près. Les artisans utilisent alors des pinces de pose et des palans à chaîne, avant de contrôler leur travail à la règle et au niveau.

Selon la configuration, deux méthodes de pose sont possibles :

  • la pose sur lit, qui nécessite un accès par le dessus, donc la dépose éventuelle des éléments supérieurs
  • la pose en tiroir, qui permet d'insérer un parement ou un moellon sans affecter la maçonnerie alentour.

Une fois la pierre posée, il convient de la sceller, c'est-à-dire de s'assurer qu'elle restera en place et qu'elle remplira ses fonctions mécaniques. C'est le rôle des liants, comme le mortier de chaux ou le plomb. Selon les cas, la pièce sera également pourvue d'agrafes ou de goujons, qui la lieront aux pierres voisines. Ces options dépendent de la forme de la pièce :

  • Les parements et les pièces de maçonnerie sont agrafés et scellés au mortier de chaux, liant traditionnel qui assure souplesse et perméabilité, contrairement aux ciments modernes. Cela protège la pierre de certaines altérations.
  • Les balustrades, les meneaux, les pinacles et les sculptures sont scellés avec des goujons et des agrafes enrobées par un coulage au plomb, une opération particulièrement délicate, héritée de l'Antiquité. Cette technique est particulièrement adaptée aux éléments comportant des joints de faible surface.

 

Les dernières opérations

Si nécessaire, les nouveaux éléments restaurés sont retaillés pour s'ajuster le mieux possible aux pierres adjacentes.

Après les opérations de restauration et de conservation, il convient d'assurer la pérennité de l'ensemble. C'est pourquoi la totalité des joints de la maçonnerie est contrôlée, pour reprise ou conservation. En effet, lors de certaines restaurations antérieures le ciment était d'usage, il est aujourd'hui prohibé.

Cette opération est tant esthétique que préventive. En effet, en plus d'assurer la cohérence visuelle de l'ensemble, le rejointoiement au mortier de chaux permet de s'assurer de la perméabilité des pierres entre elles. La maçonnerie est plus souple et respire mieux.
Pour finir l'ensemble du chantier est nettoyé.

La réception des travaux

Le contrôle final de la conformité des travaux exécutés, par rapport aux études, est validé par la Direction Régionale des Affaires Culturelles et par l'Architecte en Chef des Monuments Historiques. La réception des travaux est un acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserve.

Un Dossier Documentaire des Ouvrages Exécutés est alors réalisé par la Fondation de l'Œuvre Notre-Dame. Il recense l'ensemble des travaux de la Fondation et les documents administratifs, techniques et scientifiques du chantier de conservation et de restauration.

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