Le portail Saint-Laurent, notre nouveau chantier de conservation-restauration

Le portail Saint-Laurent, notre nouveau chantier de conservation-restauration

Dès octobre 2020, la pose de l’échafaudage permettra d’approfondir et de finaliser les études avant le début des travaux prévus sur une durée de trois ans.

Contexte historique

Élévation du portail Saint-Laurent. Dessin d’Andreas Friedrich, 1843. La façade de l’ancienne chapelle Saint-Laurent, dite portail Saint-Laurent, située sur le côté nord de la cathédrale, est érigé entre 1494 et 1505 sous la direction du maître d’œuvre Jacques de Landshut. Ce chef-d’œuvre est un parfait exemple de l’art gothique flamboyant où s’entremêlent prouesses techniques et artistiques.

L’Œuvre Notre-Dame, Loge Suprême du Saint Empire Romain Germanique depuis 1459, est au sommet de sa notoriété grâce à l’achèvement de la flèche de la cathédrale, vingt ans plus tôt. Elle fait notamment appel à deux sculpteurs de renom Conrad Sifer et Jean d’Aix-la-Chapelle qui réaliseront le programme iconographique du portail Saint-Laurent.

Programme iconographique

Ce programme est consacré au martyre de saint Laurent, le saint patron de la paroisse du même nom dont l’ancienne chapelle paroissiale était située dans l’aile nord du transept de la cathédrale.

L’iconographie des contreforts reflète en partie celle de l’ancien portail du transept nord avec la représentation de la Vierge à l’Enfant, entourée des trois Rois mages (détruit lors de la Révolution).

  • Le contrefort est du portail présente ainsi la Vierge à l’Enfant et les trois Rois mages, accompagnés d’un serviteur Maure.
  • Le contrefort ouest du portail figure saint Laurent, accompagné du pape Sixte, saint Étienne, saint Jacques et saint Maurice.

Les statues d’origines sont déposées entre 1907 et 1914 et sont conservées et exposées au Musée de l’Œuvre Notre-Dame. À la même période les sculptures sont remplacées par des copies conformes.

À consulter, sur le site Joconde : Sculptures médiévales de la cathédrale de Strasbourg - Portail Saint Laurent

Le groupe sculpté du martyre de saint Laurent, œuvre de Jean Vallastre, date du début du XIXe siècle. Cette réalisation fait suite à la destruction de l’original lors de la Révolution française.

Restaurations antérieures

Vue sur le baldaquin après dépose de la balustrade, 1987Dans les années 1850, Gustave Klotz, architecte de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame opère des transformations à l’intérieur de l’espace situé derrière le portail, mais ces interventions ne sont pas documentées.

Des restaurations ont également eu lieu dans la première moitié du XXe siècle, notamment au niveau du réseau de balustrades.

Entre 1936 et 1946, les architectes successifs de la Fondation (Charles Auguste Pierre et Anselme Schimpf) se préoccupent de l’état sanitaire du portail et des devis mentionnent entre autre la consolidation du balcon au-dessus du portail avec un ancrage en béton armé et la dépose des baldaquins, pyramides, balustrades et consoles. La majorité de ces travaux seront réalisés entre 1963 et 1969.

Quelques restaurations, conduites par l’État portent sur des éléments de pinacles, de fleurons, de gâbles.


État sanitaire

D’une manière générale les dégradations des parements et des décors sculptés proviennent de leur exposition critique plein nord (peu d’ensoleillement et humidité persistante), mais aussi de dégâts mécaniques dus à des problèmes de statique, et d’origine humaine liés notamment au vandalisme.

Inventaire des altérations déjà constatées sur les pierres. Elles seront affinées et précisées suite à la pose de l’échafaudage :

  • Parties manquantes
  • Fissures et fractures
  • Efflorescences et subflorescences (cristallisation de sels issue principalement de la dalle béton formant la toiture terrasse
  • Détachements : boursouflures, éclatements, exfoliations et desquamations à différents degrés : de la desquamation superficielle au détachement en plaque
  • Altérations chromatiques et dépôts : patine noire ferrugineuse et croûtes noires et salines
  • Colonisation biologique : mousses, lichens et algues
  • Déformations importantes au niveau des mains courantes et cassures.

Bien que la toiture soit en assez bon état apparent, certains matériaux présentent quelques signes de fatigue comme le plomb qui recouvre la dalle béton, et les joints, des désordres sont également visibles au niveau du vitrail, de la serrurerie et de la menuiserie.

Les travaux de conservation-restauration

L’échafaudage sera posé en octobre 2020, le dossier de Déclaration d’Autorisation de Travaux (DAT) et différentes analyses (laboratoire de la Fondation et laboratoires externes) seront conduites afin d’établir avec précision les constats d’état et les protocoles d’intervention. Des cartographies complètes seront également réalisées pour identifier les éléments à conserver ou à restaurer en copie conforme. Elles détailleront :

  • L’état actuel
  • La polychromie des grès
  • La chronologie (l’historique des interventions)
  • Les marques lapidaires
  • Les altérations (état sanitaire)
  • Les éléments conservés au lapidaire de la Fondation et au Musée de l’Œuvre Notre-Dame
  • Les éléments existants dans la collection des moulages en plâtre de la Fondation L’installation de chantier
  • Le projet de restauration

La Fondation de l’Œuvre Notre-Dame possède à ce titre de nombreuses copies en plâtre d’ornements et de sculptures conservés dans sa gyspothèque ou d’éléments en grès provenant de déposes antérieures.

Le chantier devrait débuter au printemps 2021 pour une durée de trois ans. Le montant total des travaux est estimé à environ 2,7 millions d’euros.

Captation par drone du portail Saint-Laurent, 2019