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Bientôt LUMEN : épisode 1, Les plaques de verre

© Ville et Eurométropole de Strasbourg - photographie Jérôme Dorkel
Vous plongerez grâce à ce premier épisode au cœur de notre collection de plaques photographiques. Un avant-goût de ce que vous pourrez découvrir à l’automne 2021, l’accès au portail des collections de la Fondation : LUMEN

Le département collections conserve dans sa photothèque plusieurs milliers documents photographiques dits « transparents », à savoir des plaques photographiques en verre et des films.


Qu’est-ce qu’une plaque ?

Boîtes de conservation des plaques photographiquesLa collection riche de près de 7000 documents se présente sur deux supports différents : quelque 6000 plaques de verre et environ un millier de films. Le principe de la prise de vue est celui de la fixation d’une émulsion sur un support, du verre à glace ou un film plastique.
La collection est composée à plus de 90% de négatifs sur verre ou sur film. Les 10 % restants sont des diapositives, dont les diapositives sur film sont en couleur. Les négatifs sur plaques de verre sont eux en noir et blanc dont une en couleur.
Les plaques se présentent sous plusieurs formats : la plus grande mesure 50x70 cm et figure la façade occidentale de la cathédrale, la plus petite de 9x7 cm de dimensions montre un des personnages animés du grand orgue. Les formats les plus courants de la collection sont le 13x18 cm et le 18x24 cm. Les plaques sont emballées dans une pochette individuelle de papier neutre, puis conditionnées en boîtes de carton neutre adaptées aux dimensions de la plaque. Elles sont ensuite conservées dans un local aux conditions thermohygrométriques stables. L’émulsion est en effet très fragile et nécessite un environnement approprié pour éviter sa dégradation. D’autre part le risque de bris de verre est élevé lors de la manipulation.
Cette fragilité est la raison pour laquelle les plaques ne sont plus manipulées depuis plusieurs décennies. La Fondation a réalisé une série de tirages photographiques dans les années 1980, et les plaques et films ont fait l’objet d’une campagne de numérisation en 2019. La collection sera bientôt accessible à tous sans risquer sa dégradation prématurée via LUMEN.

Pourquoi des plaques à la Fondation ?


Plaque photographique des travaux de restauration du massif occidental, début du XX<sup>e</sup> siècleLa collection est consacrée en majeure partie à la cathédrale de Strasbourg. Les clichés les plus anciens datent des années 1860, et les plus récents des années 1950. La collection propose donc 100 ans de vues de la cathédrale, qui correspondent à une source documentaire de la première importance pour la Fondation. En effet, la consultation des clichés lors des études avant travaux de restauration permet de connaître l’état antérieur du monument et celui des éléments à remplacer en copie. Les seules plaques de verre ne sauraient toutefois suffire à retrouver ces éléments antérieurs, un recours systématique aux autres collections est nécessaire.

Des campagnes photographiques systématiques ont commencé au début du XXe siècle notamment celles de la crypte de la cathédrale et des estampages des statues. Le but était sans doute documentaire ou pour préparer une présentation. Les autres campagnes ont porté sur la documentation des chantiers de restauration. La collection comporte aussi des photographies de plans et dessins conservés à la Fondation, ainsi que quelques vues de Strasbourg d’autres monuments ou édifices religieux alsaciens.

Les plaques sont considérées comme un outil de travail important et ce, dès leur ’entrée dans les collections de la Fondation : un inventaire est réalisé dès les années 1930, qui fait aujourd’hui l’objet d’une reprise et de corrections.

Zoom sur deux plaques du portail Saint-Laurent

Plaque 3352
Cathédrale de Strasbourg, portail Saint-Laurent, mesure de protections, crédit F.OND Cette plaque est réalisée en 1941. Elle représente les mesures de protection (réalisées par artisans de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame) prises en faveur des éléments remarquables de la cathédrale afin d’en éviter la destruction ou le bombardement. Des palissades de bois entourent ainsi le portail Saint-Laurent pour protéger la statuaire en place. Dans la cathédrale, le pilier des anges ou encore la chaire ou le grand orgue ont fait l’objet de mesures similaires. Les vitraux ont quant à eux été déposés et mis à l’abri. La plaque est au gélatinobromure d’argent, de format 13x18 cm, le plus courant de la collection.

Plaque 5279
Cathédrale de Strasbourg, portail Saint-Laurent, vers 1950Les plaques de verre, objet d’enquêtes ! Ce film, de format 6X6 cm, représente le portail Saint Laurent vu de face. Sa date de prise de vue n’est pas mentionnée dans les inventaires. Le travail de l’historien d’art ou de l’archiviste consistera à en retrouver une date approximative la plus exacte possible, en se référant à plusieurs critères. Tout d’abord une observation minutieuse du support, le relevé de sa marque de fabrication peuvent donner des indices quant à la date de prise de vue. D’autre part l’observation fine du cliché permettra de relever des indices chronologiques. L’état de la statuaire, dans certains cas les vêtements et costumes des personnages représentés ou l’aspect des paysages permettent de dater avec plus ou moins de précision des clichés