Fondation de l’Œuvre Notre-Dame

Nathalie Masson

Nathalie Masson à l'atelier pendant les Journées Européennes du Patrimoine 2015
La sculpture, le cœur de son métier et de ses passions.

Restauration et création

Nathalie a 48 ans, née en Bretagne elle a vécu essentiellement dans le Nord avant de s'installer en Alsace.

Elle est depuis toujours passionnée d'architecture et sensible à la sculpture sur les bâtiments. C'est ainsi qu'après l'obtention d'un Baccalauréat en Arts appliqués, elle suivra une formation de deux ans à l'École d'Art et de Design de Valenciennes (anciennement les Beaux-Arts).

Après ses études, elle termine son apprentissage et travaille chez le sculpteur Philippe Stopin. Elle restitue des ornements et des sculptures pour des édifices de la région Nord (par exemple à Lille : la Vieille Bourse et la porte Royale de la citadelle ou encore un fronton d'une des portes de l'enceinte fortifiée de Bergues) en s'appuyant sur des documents photographiques et des estampages.

Pendant deux ans, Nathalie prend un peu de recul et enrichit ses compétences techniques par une formation de céramiste.

Cependant les Monuments Historiques lui manquent. Elle rejoint tout d'abord l'entreprise Quélin en Poitou-Charentes, où elle travaillera notamment à la conservation-restauration de la bergerie des Ormes (sur un fronton particulier composé de plâtre, de brique et de tuffeau) et du château d'Oiron.

Elle poursuivra ensuite son aventure professionnelle sur le chantier de restauration de Notre-Dame de Paris pour le sculpteur Jean-Luc Schické et à partir de 2005, elle intègre l'équipe des sculpteurs de la Fondation de l'Œuvre Notre-Dame.

Travail d'équipe

Nathalie rejoint les sculpteurs Albert et Vincent. Ses principales activités sont la sculpture en copie conforme des ornements et des statues à restaurer, les relevés des marques lapidaires à chaque nouveau chantier, quelques opérations de conservation et la réalisation avec ses collègues de moulages. Ces derniers documentent la cathédrale et enrichissent la gypsothèque de la Fondation. La conservation des moulages anciens et la réalisation de nouveaux sont indispensables pour les sculpteurs. Les documents anciens (photographies, plans, etc.) mais aussi les modèles en plâtre leur permettent de réaliser des copies au plus proche des originaux ou des précédentes restaurations.

Un regard nouveau à chaque chantier

L'endroit préféré de Nathalie change au gré des chantiers « car à chaque chantier, je dois approfondir mes connaissances sur un secteur particulier de la cathédrale, c'est vraiment enrichissant. Actuellement nous travaillons sur le bras sud du transept, l'ensemble de la statuaire est exceptionnel. Le sculpteur doit avoir la capacité d'absorber, de se mettre dans la peau du créateur de l'œuvre pour restituer la sensibilité de l'auteur, comme une éponge ». En ce moment, Nathalie sculpte une gargouille pour une balustrade, une copie d'une pièce du XVe (corps) et XXe (tête) siècle, « il est important de mettre du sens dans ce que l'on fait, de connaître le monument et la pièce à copier, de nourrir en quelque sorte notre culture historique, architecturale de l'édifice, pour pouvoir continuer à sculpter ».

Les loisirs, de la sculpture à la céramique

Nathalie est très attachée à la matière, aux formes et la céramique lui offre la possibilité de libérer sa créativité.

Mot de la fin

Travailler à la Fondation de l'Œuvre Notre-Dame et pour la cathédrale de Strasbourg est une utopie au quotidien. Nous possédons des collections précieuses à nos yeux qui nous permettent de restituer les œuvres de nos prédécesseurs dans des conditions idéales. Nous devons nous attacher à protéger et enrichir ces savoirs, ces connaissances pour ceux qui suivront. J'ai néanmoins des craintes pour l'avenir et je ferai de mon mieux à mon échelle.

Publication 2016

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