Fondation de l’Œuvre Notre-Dame

Frédéric Degenève

Frédéric Degenève
L'aventure professionnelle de Frédéric commence par la taille de pierre mais elle ne s'arrête pas là …

Du sud à l'est

Frédéric est né en 1975 à Sète dans l'Hérault. Il a vécu à Pézenas jusqu'en 1992, à son départ sur le Tour de France. Il effectue sa formation chez les Compagnons du devoir où il obtient son CAP de taille de pierre puis le PO (Perfectionnement Ouvrier) aide appareilleur et le Brevet de maîtrise. Après l'obtention de son CAP et pendant quatre ans, Frédéric a aussi pris part à différents stages à l'Institut Supérieur de Recherche et de Formation aux Métiers de la pierre à Rodez : le dessin de trompes, de voûtes, d'escalier, de CAO/DAO (Conception Assistée par Ordinateur/ Dessin assisté par Ordinateur) en 2D et 3D mais aussi l'application de badigeons, d'enduits à la chaux et des voyages d'études à l'étranger qui lui ont permis d'étoffer ses connaissances.

Mais pourquoi la Fondation de l'Œuvre Notre-Dame ?

Frédéric reformule la question « Mais pourquoi Strasbourg ? ». En effet, une des étapes de son Tour a été Strasbourg et hormis sa fascination pour la cathédrale c'est la conquête de son cœur par sa future épouse qui le retiendra. En 2001, Frédéric regagne donc Strasbourg et devient appareilleur pendant un an pour l'entreprise Chanzy-Pardoux. Il exécute l'ensemble des plans et fiches de taille de la 5e travée nord dont le fenestrage et le vestibule néo-gothique de l'architecte Johann Knauth.
Pendant cette période, il apprend à connaître ceux qui seront bientôt ses futurs collègues, notamment Clément Kelhetter et Jean-Pierre Clor. Frédéric remplacera ce dernier au poste d'appareilleur à la Fondation de l'Œuvre Notre-Dame, « j'ai postulé mais avec une certaine appréhension car le chantier de la flèche allait commencer, la marche était haute et le défi à relever tout autant ».

L'aventure se poursuit

Après huit ans passés à arpenter la cathédrale pour relever les pierres à restaurer, dessiner les plans de pose et les fiches de taille, Frédéric devient responsable du bureau d'études. À ce poste, il réalisera entre autres le dossier de Demande d'Autorisation de Travaux (DAT) du bras sud du transept en partenariat avec l'Architecte en Chef des Monuments Historiques Pierre-Yves Caillault ainsi que les Carnets d'entretien et de maintenance de la cathédrale et le suivi des travaux attribués à la Fondation. Depuis quelques mois, Frédéric a une nouvelle mission, celle de responsable des Ateliers de la cathédrale qui regroupent deux ateliers celui de la rue des Cordiers et celui situé à la Meinau.

Les missions de Frédéric se partagent entre l'organisation, la planification et une bonne part dédiée aux relations humaines, « je suis un peu chef d'orchestre, mon premier objectif a été de réactiver les différentes cellules qui composent les ateliers, de faire confiance et de responsabiliser les équipes, qu'ils volent en quelque sorte de leurs propres ailes. » 

Échanges et partage de connaissances

Frédéric et son collègue appareilleur Nicolas participent à un projet allemand de restitution de voûtes gothiques. Il s'agit de retrouver les procédures historiques du tracé et à ce titre tous deux ont un rôle d'expert en la matière, ces savoir-faire et techniques ayant disparu outre-Rhin. Ils ont réalisé le tracé au sol d'une voûte et les panneaux de joints. Le projet dans son ensemble, porté par le Dr.-Ing. David Wendland de l'Université technique de Dresden [https://tu-dresden.de], fera l'objet d'une publication.

Au sommet et dans l'intimité

En premier lieu, Frédéric aime l' « inévitable » flèche. En effet, il affectionne surtout ces silences feutrés qu'on entend au sommet, l'impression de toucher les cieux et la sensation de se ressourcer. Son autre endroit préféré est la charpente de la tour de la croisée du transept (tour Klotz), « c'est une forêt de bois, un lieu intimiste où il ne manque plus que les cliquetis des armures et on s'imaginerait à une réunion des chevaliers de la table ronde. L'ambiance ressemble à si méprendre à la salle du donjon du château de Coucy, restauration du XIXe siècle, bien qu'elle soit de pierre. »

Ses passions

Les passions de Frédéric sont essentiellement tournées vers le patrimoine surtout les château-forts, les montres à gousset, mais il est aussi très attaché au jardin « un jardin c'est fragile mais on voit très vite le résultat en comparaison de nos travaux pour la cathédrale. »

Mot de la fin

Je souhaite dans les prochains mois mettre en place une série de « tables rondes » avec mes équipes sur ce que sera un chantier sur la cathédrale à l'horizon 2022. Faut-il penser autrement nos travaux ? La conservation de l'édifice est une évidence mais mettons-nous vraiment tous les moyens en œuvre ? La Fondation de l'Œuvre Notre-Dame centre de ressources de la cathédrale, des grès et des métiers associés, comment nous, personnel technique pouvons-nous y contribuer de manière pertinente pour nos successeurs ? Nous sommes tous conscients d'être les dépositaires d'un héritage que nous devrons faire fructifier. La Fondation est depuis toujours un outil au service de l'objet cathédrale. Elle a su s'adapter et évoluer avec son temps entre tradition et modernité, c'est la mission que nous devons mener à bien d'autant qu'elle aura encore plus de sens avec notre classement au Patrimoine culturel et immatériel de l'UNESCO.

Publication 2016

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