Fondation de l’Œuvre Notre-Dame

Dominique Meyer

Dominique Meyer, forgeron
Ce portrait vous invite à découvrir le parcours de Dominique notre forgeron.

Le feu et de métal

Originaire du Val de Villé, Dominique est né à Colmar en 1962. Très jeune, il est attiré par les métiers d'art et d'artisanat, son voisin était forgeron et le père de celui-ci sculpteur. Il voit sortir des feux de la forge de très belles pièces, il décide à son tour de devenir forgeron et obtient son CAP de métallier en 1979.

Dominique travaille ensuite quatre années, entrecoupées par son service militaire, dans une carrosserie de poids lourds en tant que métallier-soudeur. Il fabrique les caisses des camions et installe les bétonnières.

Prenons de la hauteur, traversons un fleuve et retournons aux sources

C'est ensuite un changement complet, Dominique devient employé polyvalent en hôtellerie dans un haut lieu spirituel alsacien. Une belle opportunité que lui offre cette expérience de huit années : le contact avec les gens. Bien qu'il ait éprouvé un réel plaisir à œuvrer pour ce site remarquable, il décide de changer de voie pour passer plus de temps auprès sa famille. Dominique devient alors ouvrier indépendant dans la pose de fermeture en bâtiment.
Toutefois son métier d'origine lui manque, il officiera dans diverses sociétés pendant près de quinze ans en Allemagne où le travail manuel du métal est particulièrement reconnu.
Le hasard veut qu'en 2008, il lise une annonce dans le journal pour le recrutement d'un serrurier-forgeron à la Fondation de l'Œuvre Notre-Dame, Dominique n'hésite pas et envoie sa candidature. C'est donc depuis cette date qu'il forge et reforge les outils des tailleurs de pierre et des sculpteurs (pointe, gradine, pic, double-pic, etc.), « les outils forgés sont bien plus coupants que les outils en tungstène et ils peuvent être faits sur mesure ».
Dominique a entre autres conçu et réalisé les ferronneries et les mains-courantes pour sécuriser certaines parties de la cathédrale dont le portillon devant la rose. Sur le chantier actuel du bras sud du transept, il réalise toutes les grilles anti-pigeons des tourelles. Elles sont fabriquées « à l'ancienne, complétement à la forge, percées à chaud. Tous mes travaux sont faits à la main, c'est un plaisir de travailler au marteau, sans machine pour faire le travail à ta place et sans produits industriels achetés tout faits. »

Mélange de matériaux

L'endroit préféré de la cathédrale pour Dominique est « la grande rose et les combles de la nef. On y trouve tous les matériaux, le métal du portillon, le bois de la charpente, le verre de la rose et la pierre qui nous entoure, c'est ce mélange que j'aime ».

Passons aux loisirs

Les deux principales occupations de Dominique sont de « bricoler » dans sa maison et surtout lire ; du roman à l'ouvrage d'art.

Mot de la fin

C'est un peu la métaphore du permis de conduire américain ou canadien : apprendre à conduire avec une boîte automatique et ensuite être incapable de rouler en Europe. Si notre avenir, c'est d'être uniquement compétitif, d'être prêt à utiliser tous les moyens pour être rentable et plus rapide, cela m'inquiète. Beaucoup de jeunes ne savent déjà plus travailler à l'ancienne et le sauront sans doute encore moins dans le futur. C'est important de transmettre ces savoirs et de préserver une institution comme la Fondation qui permet le travail manuel de la pierre, du métal et du bois, un rempart contre l'oubli en quelque sorte.

Publication 2016

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