Fondation de l’Œuvre Notre-Dame

La haute tour

La haute tour échafaudée
La restauration de la voûte festonnée étoilée, des balustrades monolithes sculptées, de la statuaire et des pièces architecturales remarquables ont côtoyé les nombreuses interventions en conservation et les travaux sur cordes pour les parties inaccessibles.

Le chantier de conservation - restauration de la haute tour octogonale se déroule de 2004 à 2006 dans la continuité du chantier de la flèche pour profiter de la logistique en place (monte-charge, échafaudage, etc.). Les travaux concernent les maçonneries, les éléments de décors, la statuaire, les arrimages. Un premier projet d'intervention pour la tourelle d'escalier sud-est de l'octogone est également établi. Il s'agit de la dernière tourelle d'escalier authentique, les trois autres sont fortement restaurées entre 1960 et 1974.

L'histoire des travaux de la haute tour et des restaurations passées en quelques mots

Édifié par le maître d'œuvre Ulrich d'Ensingen entre 1399 et 1419 , l'octogone est terminé par l'architecte Jean Hultz de Cologne, semble t'il dans le respect du projet de son prédécesseur.

Le tremblement de terre d'août 1728 affecte le fût octogonal et les 4 escaliers : 62 marches sont brisées, la maçonnerie et la coursive du petit étage sont atteintes. En 1871, l'architecte Gustav Klotz propose des travaux de restauration sur les sommets des quatre tourelles d'escalier et de leurs jonctions à la tour.
Ces interventions seront effectuées entre 1926 et 1932 par la Fondation de l'Œuvre Notre-Dame. La restauration du petit étage de l'octogone aura quant à elle lieu entre 1919 et 1920.

Chantier de restauration, système d'échafaudage en boisGargouille endommagée, avant la restauration, 1920Gargouille après restauration, 1922

L'Architecte en Chef des Monuments Historiques, Bertrand Monnet commence les travaux de restauration des escaliers de la haute tour et de l'octogone en 1960. Ils seront terminés en 1974 par des entreprises privées. En 1976, un feu d'artifice tiré depuis la plate forme entraîne des dégâts sur les tourelles d'escaliers sud-est, nord-est et sud-ouest. Les réparations seront effectuées en 1981.

Le projet de restauration de la flèche en 2001 comprenait un programme complémentaire de conservation des sculptures monolithes avec les balustrades du petit étage de la haute tour. Dans une logique de continuité, un projet architectural et technique de l'octogone de la tour est réalisé en 2004. En 2005, se rajoute un projet de conservation et de restauration des quatre statues de l'élévation sud du fût qui donne sur la plate forme.

L'essentiel du chantier de la haute tour

Les restaurations ont porté essentiellement sur des éléments ponctuels du décor d'origine et de précédentes restaurations altérées. Le risque de chute de matière a conditionné ces interventions préventives.

La voûte festonnée et son intrados du rein de voûte

Voûte festonnée de l'octogoneLa voûte à réseaux nervurés couronnant la haute tour présentait un certain nombre de désordres sur l'oculus, les colonnettes, les festons et les nervures. Les 64 fleurs de lys manquantes sont restaurées et scellées avec un goujon en fibre de verre et une colle polyester. Les éclats issus de l'oxydation des fers d'accroche sont consolidés selon le cas de figure, soit par le remplacement du fer par du bronze, soit par traitement antirouille du fer et repositionnement des éclats de grès. Des greffes sur les nervures, des injections dans les fissures et une reminéralisation ciblée ont complété la consolidation de la voûte. L'achèvement des travaux de restauration a consisté à mettre en place d'un étaiement avec un anneau en fer épousant l'oculus et un couvercle protecteur couronnant ce dernier.

L'intrados du rein de voûte est traité par la passivation (application d'un film artificiel) des fers, la pose d'agrafes en bronze, la fixation des éclatements et le comblement des fissures dues au gonflement par oxydation des éléments métalliques. Solins, rejointoiement et une reminéralisation ont conclu l'intervention.

Les sculptures accroupies de la "galerie des spectateurs"

Huit sculptures figurent sur la coursive du petit étage de la haute tour. Elles représentent un Ourson et un Taureau qui sont des copies des années 1970, deux Prophètes, Ulrich d'Ensingen, la Vierge à l'enfant et sainte Barbe qui sont des copies des années 1920, enfin sainte Catherine qui est d'origine et date des années 1420.

Les sculpteurs de la Fondation ont procédé à :

  • La dépose des sculptures monolithes avec les balustrades en grès à meules de sainte Catherine (exposée au musée de l'Œuvre Notre-Dame), de la Vierge à l'enfant, et d'Ulrich d'Ensingen, pour leur conservation à l'abri des intempéries à la glyptothèque de la Fondation et leur remplacement par une copie conforme.
  • La copie de sainte Barbe et d'un Prophète orienté nord-ouest sans leur balustrade en grès vosgien, restaurées dans les années 1960/1970 (les copies sont scellées par goujon et colle époxy).

Les artisans ont hydrofugé le dessus des balustrades (mains courantes) neuves ainsi que les nouvelles statues. Ils ont ensuite conservé le second Prophète, par nettoyage, traitement des fissures et reminéralisation.

Quelques autres éléments architecturaux restaurés et conservés

Des copies de plusieurs éléments ponctuent le chantier de la haute tour :

  • Une restitution d'après des photographies de 1897 de la "boule" en grès de 15 cm de diamètre, posée au creux du remplage de la balustrade sur la face sud-ouest, entourant la coursive de la flèche au 100 m.
  • La restauration de trois éléments de remplage sur la face ouest et de deux autres remplages de fenestrage au niveau des cloches de la même face.
  • Le remplacement d'une tête de gargouille sur la face ouest du petit étage.
  • Un gâble à crochets au-dessus de la main courante de la balustrade est du petit étage.
  • La restitution de deux cadrans solaires d'après les modèles en plâtre de la gypsothèque.
  • Un chapiteau sculpté à la base de la tourelle d'escalier sud-ouest face sud.
  • Un pinacle de baldaquin à l'angle sud-est au 100 m.
  • Un fleuron de pinacle de baldaquin à l'angle nord-ouest, des crochets de balustrades, etc.

Les conservateurs-restaurateurs ont procédé aux interventions en conservation :

  • nettoyage par micro abrasion
  • traitement des fissures
  • dessalement
  • traitement des fers
  • à l'application de solins
  • aux consolidations par reminéralisation, etc.

sur un grand nombre de pièces de la haute tour avec par exemple :

  • les départs de voûte dont la mise en place d'un glacis de protection au mortier de chaux
  • des fleurons du petit étage
  • un grand nombre de parements, d'éléments ornementaux, etc.

 

Les travaux complémentaires

Les artisans ont également effectué lors du chantier :

  • Un relevé complet des 204 marques lapidaires de la voûte festonnée avec relevés, photos et dessins.
  • La mise en place de nouveaux arrimages des nervures des départs de voûte.
  • Une première étude de la tourelle d'escalier sud-est de la haute tour.
  • Une intervention sur corde avec une entreprise partenaire pour réviser les nombreuses fixations et arrimages, vérifier la stabilité des éléments du décor, repérer et réparer les éclats de grès, purger des parties menaçantes avec ou sans repose et rejointoyer des joints trop dégarnis pour assurer une bonne conservation des maçonneries.

Les quatre statues de la face sud du fût de l'octogone 

Les quatre statues représentent sainte Catherine, saint Laurent, l'Adolescent au cadran solaire et le Pèlerin. Il s'agit de copies de 1920 qui remplacent les originaux de la fin du XVe siècle, aujourd'hui conservés au musée de l'Œuvre Notre-Dame.

Les statues du Pèlerin et de l'Adolescent au cadran solaire, sont traitées en conservation, après cartographie et analyses et avec des incrustations pour les parties trop altérées.

Les statues de sainte Catherine et de saint Laurent, trop dégradées et présentant un risque pour les visiteurs de la plate forme sont remplacées par des copies.

Les sculptures du Moine et de l'Empereur en 2008

Une copie conforme des statues du Moine (près de 950 kg) et de l'Empereur (près de 830 kg) est réalisée par les sculpteurs de la Fondation entre 1966 et 1968. Elles seront posées en 1970 et les statues d'origine (1400/1410) conservées jusqu'en 2008 par la Fondation. Elles sont désormais exposées au musée de l'Œuvre Notre-Dame depuis l'exposition : Strasbourg 1400 après avoir fait l'objet d'un traitement en conservation par nos conservateurs-restaurateurs.

Haut de page