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Focus sur Victor Veber

© Fondation de l'Œuvre Notre-Dame
Victor Veber est apprenti à la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame depuis septembre 2017, son parcours scolaire est éclectique mais à 23 ans il a enfin trouvé sa voie, la taille de pierre.

L’art et les techniques anciennes avant tout

Victor est né à Lyon en 1995, il a commencé ses études en filière économique et sociale au lycée pour ensuite se diriger vers une prépa littéraire de deux ans. Il cherche cependant quelque chose de plus tangible et s’oriente vers une licence Cinéma à Paris car il est tout à la fois attiré par la lecture, la création, l’art et le travail en équipe. Toutefois, Victor n’est pas encore satisfait de son choix et décide d’intégrer l’École de Condé pour suivre un cycle de deux ans en restauration du patrimoine, spécialité peinture. Il retient surtout de cet enseignement l’approche des techniques anciennes. 

Et le lien entre toutes ces formations ? 

« L’art ! Le cinéma, la peinture, la sculpture sont des arts que je ne connaissais qu’au travers de la lecture. C’est cette dernière qui m’a donné envie de passer de la théorie à la pratique. Lorsque j’étudiais le cinéma, je cherchais déjà le lien avec la peinture ou la sculpture et passais plus de temps dans les musées qu’à la fac. »

Mais pourquoi la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame ?

Tout d’abord Victor découvre la cathédrale de Strasbourg,

« c’est l’électrochoc, bien que j’aie visité beaucoup d’églises et de cathédrales en Europe, celle de Strasbourg est de loin celle qui m’a le plus touché ».

Ensuite, la Fondation concentre tout ce qui lui tient à cœur, l’aspect restauration du monument et l’apprentissage traditionnel. Il décide donc d’aller plus loin dans la maîtrise des pratiques traditionnelles et s’inscrit en CAP de taille de pierre au Lycée-CFA des métiers Jules Verne de Saverne et devient apprenti,

« je souhaite perpétrer un savoir-faire, une tradition que j’admire et qui me touche. Voir les coups d’outil sur les pierres de la cathédrale provoque beaucoup d’émotions. La restauration me tient aussi à cœur, la conscience du passage du temps, quelles seront les répercussions des décisions actuelles sur la cathédrale de demain. »

La taille de pierre un beau métier

Victor se félicite de ses expériences variées, mais il est pour lui regrettable que l’éduction nationale valorise les filières générales au détriment des filières techniques :

« j’ai connu assez tard la formation de tailleur de pierre et pourtant c’est un métier prestigieux. Il faut beaucoup d’intelligence pour pouvoir tailler de la pierre, pour pouvoir comprendre la géométrie, se représenter la pièce achevée d’après un dessin. C’est en premier lieu un exercice mental avant de passer à la pratique. »

Le plus bel endroit de la cathédrale

Victor ne connait pas encore toute la cathédrale mais a été très impressionné et touché la première fois où il est monté au sommet de la flèche. La rose a aussi ses faveurs :

« elle est magnifique, avec toutes ses couleurs lorsqu’on la contemple de l’intérieur et c’est remarquable qu’il y ait autant de finesse et d’élégance malgré les dimensions considérables des pierres. »

Cette cathédrale a cette particularité qu’elle appartient assurément aux strasbourgeois. Elle a ce côté humain et universel, ce pouvoir qu’a l’art de rassembler, de créer un mouvement, un élan, une émotion.

Du dessin, à la musique

Victor aime donc l’art en général, le dessin, la littérature, le cinéma et la musique, c’est d’ailleurs un guitariste chevronné.

Le mot de la fin

« mon idée est de continuer à restaurer des monuments, de tailler à la main le plus possible, de maintenir et de reproduire ces techniques traditionnelles qui tendent à disparaître au profit des machines car je pense que nous sommes une des dernières générations à pouvoir acquérir ces savoirs. »