Fondation de l’Œuvre Notre-Dame

1439 à 1527: Strasbourg, loge suprême du Saint-Empire romain germanique

Sculpture du buste de Hans Hammer
Les décennies suivant l'achèvement de la flèche sont marquées par la réalisation d'importantes commandes de mobilier, par l'ajout de bâtiments annexes mais aussi par la nécessité constante de restaurer.

La cathédrale après 1439

Peu après l'achèvement de la tour de la cathédrale, les premières grandes restaurations sont entamées. C'est l'architecte Jodok Dotzinger de Worms qui restaure :

  • le chœur, entre 1455 et 1460
  • les voûtes de la nef avec sa frise extérieure, entre 1459 et 1469.

Il est l'auteur en 1453, du premier chef d'œuvre de l'art gothique flamboyant de la cathédrale, les fonts baptismaux , aujourd'hui installés dans la grande niche d'autel dans le bras nord du transept.

D'autres commandes importantes de mobilier suivent :

  • la chaire de l'architecte Hans Hammer, réalisée en 1485, pour le célèbre prédicateur Geiler de Kaysersberg.
  • le tabernacle aujourd'hui disparu, également conçu par Hans Hammer.
  • les nouvelles orgues de 1489, le buffet et le positif de Friedrich Krebs d'Anspach. Il maintient le pendentif de la fin du XIVe siècle qui est flanqué de deux statues, le Rohraffe (singe hurleur) et un héraut municipal avec sa trompette.
  • l'immense maître-autel (1501) de Nicolas de Haguenau, disparu en 1681.

L'aspect extérieur de la cathédrale est transformé par la construction de plusieurs annexes et chapelles :

  • la petite chambre du trésor, rajoutée en 1488 par Hans Hammer, pour recevoir les archives de la Fondation de l'Œuvre Notre-Dame.
  • la sacristie avec son magnifique portail dédié à saint Laurent devant le transept nord, érigée par Jacques de Landshut de 1495 à 1505 (sculptures de Conrad Sifer et Jean d'Aix-la-Chapelle).
  • la chapelle Saint-Martin (aujourd'hui Saint-Laurent) construite par Hans Hammer et Bernard de Heidelberg entre 1515 et 1521.

Des restaurations apportent également des changements :

  • en 1488, la Vierge installée au sommet de la flèche est remplacée par un bouton en grès décoré d'un calice et d'une clé.
  • en 1493, Conrad Sifer restaure et modernise la façade sud du bras sud du transept.
  • la même année, il érige un nouveau garde-corps pour la tribune dit cantatoria à l'intérieur du bras sud du transept.
  • en 1506, Jakob de Landshut remplace les garde-corps couronnant la chapelle Sainte-Catherine.

 

La Fondation de l'Œuvre Notre-Dame après 1439

Après sa réorganisation en 1399, l'Œuvre Notre-Dame (en allemand Frauenwerk), dans son rôle de fabrique d'église, continue à percevoir les dons, à administrer ses biens et à organiser le chantier de la cathédrale. La ville et l'évêque débattent à plusieurs reprises du contrôle de la Fondation. Pendant deux siècles elle s'est constituée un patrimoine foncier conséquent grâce à une habile politique d'achat et aux conditions économiques favorables.

Des règlements et statuts fixent les devoirs et obligations de chacun des employés de la Fondation : architecte, chapelain, appareilleurs, maître de carrières, forgerons, charpentiers, maçons, tailleurs de pierre, sculpteurs, valets, secrétaires, cellérier, cuisiner, boulanger, autres personnels de maison et gardiens de la cathédrale. Dans la deuxième moitié du XVe siècle la réédition des statuts et règlements fait apparaître la détermination de la Ville pour un contrôle total de la Fondation de l'Œuvre Notre-Dame.

À sa tête, le receveur (régisseur), parfois un laïc, parfois un membre du clergé, est chargé des comptes. Il gère les dépenses, les recettes et les biens immobiliers et fonciers. Il est encadré et contrôlé par trois administrateurs nommés par la Ville.

La réalisation de la flèche et le rôle de foyer artistique de première importance de l'atelier de la cathédrale attirent sans cesse des artisans itinérants parfois de régions éloignées. La notoriété de la Fondation culmine en 1459, par la reconnaissance de sa loge de maçons et de tailleurs de pierre de la cathédrale en loge suprême du Saint-Empire romain germanique.
Ceci confère à l'architecte de la Fondation le rôle de juge suprême pour les affaires litigieuses relatives aux tailleurs de pierres de toutes les loges du Saint-Empire. Ce droit ne lui sera retiré qu'au début du XVIIIe siècle.

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